La pensée du jour

"Il y a quelque chose de drôle dans la vie: si vous n'acceptez de recevoir que ce qu'il y a de mieux, c'est ce qui se produit la plupart du temps."
W. Somerset Maugham

ITF France

Recherche

Articles de presse

Il m’est difficile d’organiser mes idées et les mettre noir sur blanc dans un ordre à peu près chronologique et équitable…les souvenirs se bousculent et se disputent sans cesse la place du plus important, impatients de se faire entendre et faire revivre les moments inoubliables de ce deuxième séjour de Maître Kim en France.

La première fois c’était il y a deux ans et demi, en novembre 2003. Le stage avait marqué les esprits, les photos avaient provoqué bien de commentaires et de discussions, les participants me demandaient régulièrement si cette première expérience allait avoir une suite. Mais un long séjour de Maître Kim en Corée du Nord, ses nouvelles occupations en tant que Vice-Président de l’ITF et responsable de la commission des compétitions, et surtout son travail incessant avec les athlètes bulgares (envoyé par le Général Choi en Bulgarie, il y enseigne le Taekwon-do depuis les années 80) avaient retardé la réalisation de ce projet. Enfin, au mois de juillet 2005 nous avons convenu les dates de son deuxième séjour en France.

Le lendemain de son arrivée, nous avons entamé une longue série de stages qui devait nous démontrer encore une fois la simplicité et la générosité, la disponibilité et l’énorme savoir de Maître Kim.

Une trentaine de pratiquants ITF de la région de Grenoble ont pris part dans un premier stage qui a eu lieu le week-end du 22 et du 23 avril à la Maison pour Tous à Susville (La Mure) à 40 km de Grenoble. Après un échauffement complet et une séance d’assouplissement formidable, Maître Kim attira notre attention sur les techniques de bases des premières formes (tuls). Ces techniques et blocages, faisant partie du programme des débutants, ont révélé toute leur difficulté sous le regard attentif de Kim Ung Chol qui n’hésitait pas à reprendre à plusieurs fois le même mouvement dans la recherche de sa parfaite exécution.


Les coups de pied, considérés par le large public comme la carte de visite de Taekwon-Do, n’ont pas été négligé non plus. Ceux qui avaient eu la chance de participer au stage de 2003 ont constaté avec surprise que Maître Kim non seulement n’avait rien perdu de sa puissance et de son aisance, mais qu’il avait gagné en agilité en dépit de son âge (50 ans passés).

Lors de la pose, nous sommes allés manger au bord du lac de Pierre Châtel où nous avons demandé à Sahunim Kim la permission de le prendre en photo…cette séance photographique attira rapidement tous les promeneurs : des coups de pied sauté spectaculaires comme sanbang chagi (yop et bitourio chagi) au niveau des têtes de deux volontaires, timio bitourio chagi à plus de 2m de hauteur, timio yop chagi (la précision de Maître Kim était encore une fois époustouflante : en l’air et en tendant sa jambe il n’appuya que très légèrement le nez du courageux Alain qui se croyait déjà condamné). Et tout cela précédé par : « Je suis déjà vieux, vous n’avez pas honte de me demander des choses pareilles… », paroles qui ont provoqué au début de la compassion, mais que nous avons appris très rapidement à ne pas prendre au sérieux.


D’autres ont appris, lors de la reprise à 14 heures qu’à midi ils devaient manger beaucoup moins… L’après-midi, aussi bien que le lendemain étaient également très instructifs et vers la fin la majorité des participants avaient déjà eu des sensations nouvelles au sujet de la génération de la puissance en ITF. Ce premier week-end s’est terminé par quelques techniques de Hosin Sul (auto- défense) dont l’objectif était la maîtrise de quelques clés, mais aussi une première approche des points vitaux, une matière où Sahunim Kim excelle.


Les participants ont reçu également une leçon sur une des disciplines de Taekwon-Do : la casse. Philippe avait apporté son support de casse et une vingtaine de planches dans l’espoir de recevoir quelques conseils sur les particularités de cet exercice. Et il a été totalement satisfait : Maître Kim brisa toutes ses planches en attirant notre attention sur les détails les plus importants qui rendaient cette épreuve redoutable possible. Les élèves admiraient l’épaisseur des planches (3cm et plus, fraîchement coupées), observaient le visage toujours souriant de Maître Kim, avant et après chaque casse et se demandaient comment un homme puisse être aussi rapide, puissant et invulnérable.


De 18h30 à 20h, durant toute la semaine, du lundi au vendredi, Maître Kim anima des cours pour les pratiquants de la région de Grenoble où une grande partie a été consacrée aux techniques de combats. Mais quelques passionnés ont eu l’extraordinaire opportunité de pratiquer aussi la journée, en raison de 6 heures en plus des cours du soir. Initialement prévu uniquement pour les ceintures noires de la région, Maître Kim a insisté pour que deux ceintures bleues (3 goup) y prennent part également justifiant son choix par leur très bon niveau. Ces cours quasi particuliers ont été menés à la baguette au sens propre du terme par la main experte de Sahunim Kim – muni d’un bâton de ski il n’hésitait pas à rectifier les positions des jambes et des bras en percutant légèrement les articulations. La méthode s’est avéré très efficace – le corps se corrigeait tout seul, dès qu’il sentait inconsciemment l’approche du Maître et de son bâton.


Mais le savoir de Maître Kim dépassait de loin le domaine de notre art martial. Il nous enseigna aussi le massage coréen de récupération qui nous a permis d’éviter les crampes et les courbatures (nous avons fait en tout plus de 50 heures d’entraînement durant cette semaine), mais aussi il a soigné par acupressure les blessures qui empêchaient la pratique de certains parmi nous.

Le stage réservé aux pratiquants de Grenoble s’est terminé par un passage de grade ouvert aux quelques participants choisis par Maître Kim. Si les débutants n’ont fait que quelques tuls, plusieurs coups de pied, quelques exercices de combat et ont cassé plus de tuiles qu’ils n’avaient jamais imaginé pouvoir détruire d’un coup, les ceintures noires ajoutèrent à leurs épreuves le tando matsogi (combat contre un adversaire armé de couteau), le hosin sul, mais aussi des combats contre deux ou plusieurs adversaires, souvent les mains liées. Ils ont également cassé 12 tuiles avec le poing, 15 avec le coude, 5 avec le tranchant interne de la main et avec le dos du poing et 7 avec le tranchant externe de la main, sans compter les planches de 4 cm pour les coups de pied.

Le stage du dernier week-end (29 et 30 avril) a été ouvert aussi bien aux autres pratiquants français qu’aux étrangers. Plusieurs taekwondoistes de Marseille, Limoges, Dijon, Fontaine et Brest, sans oublier les vaillants isérois, mais aussi d’Angleterre (12 ceintures noires de I au VII dan), de la Hollande, de la Suisse et de la République Tchèque, prirent part à ce séminaire qui devait clôturer le séjour de Maître Kim en France. Durant ces deux derniers jours les nouveaux venus ont été à leur tour impressionnés par la souplesse et la puissance de Sahunim Kim et touchés par sa bonne humeur.


Mais ils ont eu aussi un excellent exemple d’humilité : Dimanche dans l’après-midi, un participant IV Dan d’Angleterre s’est effondré, victime d’une insupportable douleur dans le dos. Sahunim Kim a demandé à Maître Miller VII dan d’Angleterre de poursuivre l’échauffement, pendant qu’il soignait le blessé. Au bout de 10 minutes le blessé pouvait se tenir debout et semblait visiblement soulagé – il avait été remis en place et revigoré par le massage de certains de ses points énergétiques. Mais au lieu de reprendre l’échauffement qu’il avait confié au maître anglais, ou bien de se placer à côté en attendant tranquillement sa fin, Sahunim Kim Ung Chol, dénigrant complètement l’importance de son grade et sa place dans la hiérarchie de l’ITF, a pris place dans les rangs des élèves et a commencé à exécuter les exercices que Maître Miller imposait aux pratiquants. Déstabilisé par autant de modestie et respectant le code de Taekwon-Do, Maître Miller s’est levé immédiatement pour le saluer et prétextant la fin de l’échauffement lui a demandé de reprendre sa place.

Voilà…ce qui reste à dire ce sont les propositions de séminaires en Angleterre et en Hollande, les cadeaux des Tchèques et les larmes dans les yeux de quelques taekwondoistes au moment des adieux.

Pour la deuxième fois nous avons pu pratiquer avec Sahunim Kim Ung Chol en France et pour la deuxième fois nous nous sentons inspirés et sommes entièrement sous le charme de ce Maître qui n’a pas arrêté de se remettre en question et a sacrifié mêmes ses heures de repos pour répondre à nos innombrables questions. La voie du Taekwon-Do est longue et difficile, jonchée de sacrifices et d’efforts et nous tous, nous avons besoin d’une lumière pour nous guider, pour éclairer nos pas et nous conseiller la meilleure direction, nous recherchons tous un modèle à suivre qui répond à nos attentes sportives et humaines, un modèle qui représente un objectif à atteindre et qui nous pousse vers une évolution personnelle. Et si moi je l’ai rencontré il y a bientôt vingt ans, je suis persuadé que certains parmi les taekwondoistes présents au stage de Sahunim Kim Ung Chol ont trouvé la réponse de leur quête.

Martin Kountchev
V Dan ITF

Movieclips - Stage avec Maître Kim Ung Chol VIII Dan ITF

 

 

Retour à l'accueil
qu'est ce qu'un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus